Faut-il faire des compromis pour avoir la paix ?

Sous ce titre « Faut-il faire des compromis pour avoir la paix ? », Philosophie magazine a mis en ligne ce 20 janvier un dossier thématique consacré au compromis. Au sommaire des articles : une paix possible en Ukraine ; ce qu’en ont dit les philosophes, de Platon à Jürgen Habermas ; un entretien avec le philosophe israélien Avishai Margalit, etc., et… un échange de mails que j’ai eu avec Alexandre Lacroix, rédacteur en chef de Philosophie magazine (lire ici). Nous ne sommes pas parvenus à nous accorder. Alexandre Lacroix m’a alors proposé de publier nos échanges de courriels, sous le titre Par-delà notre cordial désaccord ! J’ai accepté, de guerre lasse, mais aussi parce qu’il me semblait utile de dévoiler les dessous d’un processus avorté de mise en accord. S’agit-il là d’un compromis – au sens où je l’entends ? Je laisse le lecteur trancher…

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Par-delà notre cordial désaccord ! (Alexandre Lacroix 20 février 2025)

« Quand nous avons envoyé une banale demande d’interview à Christian Thuderoz, sociologue spécialiste du compromis, nous ne nous doutions pas qu’une…

… négociation des plus serrées s’engageait ! Au final – et avec son aimable autorisation –, nous publions cet échange étonnant qui montre combien il est difficile de surmonter un différend pour élaborer une solution mutuellement satisfaisante. »

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Mar. 17 déc. 15:48. Cher Christian Thuderoz,

Philosophie magazine consacre un prochain dossier de couverture à la question du compromis, et nous avons été vivement intéressés par votre livre, Petit Traité du compromis. Seriez-vous d’accord pour nous accorder un entretien qui traiterait des méthodes permettant de parvenir au compromis ? Vous aurez évidemment la possibilité de vous relire avant publication. Je me tiens à votre disposition. Bien cordialement, Alexandre Lacroix

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Mar. 17 déc. 17:26 Cher Alexandre Lacroix,

Merci de votre sollicitation. Je me tiens à votre disposition. Cela dit, je préfère, au format « entretien enregistré/réécriture », un format plus efficient (pour moi) : vous m’adressez vos questions, je réponds, aux heures qui me plaisent, dans un style oral ; puis nous en discutons, pour d’éventuelles modifications. Je fonctionne ainsi depuis quelques années, et cela a semblé satisfaisant pour les deux parties… Voir, par exemple, un entretien pour la revue de design Azimuts, ci-joint.

Bien à vous, Christian Thuderoz

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Mar. 17 déc. 17:46 Cher Christian Thuderoz,

Excusez cette réponse qui ne provient pas du tout d’un spécialiste du compromis ! Mais le ton de l’entretien que vous m’avez envoyé n’est pas celui d’un magazine. Il y a une ampleur démonstrative, des remarques liminaires, des énumérations d’arguments qui me laissent penser que nous n’allons pas vers un résultat entièrement satisfaisant pour la partie dont l’avis compte le plus ici, c’est-à-dire le lecteur. En somme, je vous propose d’accorder quelque crédit au métier de journaliste et de jouer le jeu de l’entretien classique. Qu’en pensez-vous ? Bien à vous, Alexandre Lacroix

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Mer. 18 déc. 20:09 Cher Monsieur,

Excusez cette réponse qui provient d’un spécialiste du compromis (mais les cordonniers sont mal chaussés). J’ai joué, benoîtement, la transparence (avec cet exemple d’entretien pour Azimuts), et me voilà morigéné. Je tente une autre approche (pour arriver au même objectif : un entretien écrit ; cela assurera la qualité du travail final).

1.J’ai été journaliste-pigiste à Libération ; je sais ce qu’écrire veut dire. Si l’on me donnait, pour un sujet, l’espace d’un, deux ou trois feuillets (c’était en 1985-1986, nous écrivions sur de belles machines Under-wood – la mienne était rouge), alors l’article rendu faisait un feuillet, deux feuillets, etc. 

2.L’entretien pour Azimuts était destiné à une revue « scientifique/artistique » de design. Accordez-moi le fait que je sache distinguer un magazine d’une revue scientifique…

3.Le jugement (un peu négatif, non ?) que vous portez sur cet entretien me laisse penser que nous n’allons pas vers un résultat satisfaisant pour l’universitaire que je suis. Je suis désolé : dans ma pratique professionnelle, je ne peux être que démonstratif et argumenté. Si vous cherchez quelqu’un sans ampleur démonstrative ou sans arguments, je crains de ne pas être la bonne personne…

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 (Pour lire la suite de cet échange de courriels : 1) « Abonnez-vous à Philosophie magazine pour lire cet article (1 euro) et accéder à l’intégralité du contenu du site » indique la page web (lire ici) ; ou 2) Demandez à l’auteur de vous adresser le fichier Word, via le formulaire de contact sur ce blog…)

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